En 2025, la pollution numérique représente 4,4% de l’empreinte carbone nationale ! (source : ADEME)
Cette pollution a lieu tout au long du cycle de vie des équipements numériques (télévision, radio, souris d’ordinateur, tablette, calculatrice, ordinateur, clef USB, etc..), que ce soit lors de leur fabrication ou de leur utilisation.
Aujourd’hui et dans le monde, on répertorie plus de 34 Mds d’équipements et 5 Mds d’utilisateurs. Chaque utilisateur possède donc en moyenne 4 équipements connectés et les utilise plus de 6h30 par jour ! En France, le nombre d’équipement par habitant avoisine 15.
De plus, à l’ère de l’IA, où une seule conversation avec ChatGPT consomme l’équivalent d’une bouteille d’eau de 50cl, la question de la pollution numérique nous est plus que jamais posée.
Sous quelle forme se traduit cette pollution numérique ?
Pour calculer la pollution générée par le numérique, nous devons prendre en considération plusieurs impacts environnementaux :
1. Epuisement des ressources abiotiques
Les ressources abiotiques sont les matières premières minérales dites fossiles nécessaires à la fabrication des objets numériques.
Ces ressources sont utilisés à l’étape de la fabrication des terminaux. Elles sont critiques, non renouvelables et s’épuisent inéluctablement. En effet, dans 1 à 2 générations ces ressources seront épuisées et ne nous permettront plus la fabrication de nouveaux terminaux.
Un bon exemple de ressource abiotique est l’antimoine ; un composant électronique nécessaire à la soudure, dont le stock limité génère tensions géopolitiques entre grands pays producteurs, et une forte instabilité des cours.
Il est de plus en plus urgent de préserver ces ressources !
Certains misent sur la R&D pour remplacer ces matériaux ou sur la découverte de nouveaux gisements sur terre et/ou pourquoi pas dans l’espace, mais faire le pari du techno-solutionnisme paraît risqué, là où la solution la plus efficace apparaît clairement être une utilisation plus raisonnée des ressources existantes.
2. Tension sur l’eau douce
L’utilisation de l’eau douce intervient à 80% lors de la fabrication et 20% lors de l’utilisation des terminaux.
En moyenne et par citoyen du monde, on consomme 2000 litres d’eau, ce qui équivaut à 1 pack de 9 litres d’eau par jour rien que pour son utilisation du numérique ! (source : Greenit.fr)
On note par exemple que la consommation en eau des data centers a fortement progressée depuis quelques années, due à l’incroyable quantité d’eau qu’il faut déployer pour les refroidir, alors que leur nombre explose, du fait notamment de l’arrivée de l’IA qui nécessite toujours plus d’espace de calcul pour traiter les données.

3. Tension sur l’énergie
L’utilisation d’énergie intervient à 50% lors de fabrication et 50% lors de l’utilisation des terminaux. On parle ici d’énergie primaire nécessaire à la fabrication des matériels et de l’électricité qu’ils consomment.
L’énergie primaire est d’abord transformée en énergie finale. Lors de cette transformation, les 2/3 sont perdus (ne laissant dont qu’1/3 d’énergie utilisable).
Il faut noter qu’il y a un lien de causalité entre la production d’énergie et les gaz à effet de serre. Dans chaque pays ce ratio est plus ou moins important.
Exemples :
- En France, 78% de la production électrique est issue de source primaire nucléaire. Les kWh « émettent » essentiellement des déchets radioactifs et de la vapeur d’eau.
- En Chine, lieu de production d’un grand nombre d’équipements, l’énergie primaire est fournie à 60% grâce au charbon, méthode la plus génératrice de GES.
4. Emission de GES contribuant au réchauffement global
Les émissions en gaz à effet de serre ont lieues à 85% lors de la fabrication, et à 15% lors de l’utilisation des terminaux.
Il y a plusieurs types de GES : la vapeur d’eau, le dioxyde de carbone qui sert aussi d’unité de mesure, le méthane, le protoxyde d’azote etc…
Par son utilisation du numérique, chaque utilisateur émet 450 kg de gaz à effet de serre ce qui équivaut à 8 kms en voiture par jour et par citoyen. Ces émissions de GES ont un impact direct sur un réchauffement global qui dérègle les climats locaux.
La somme de ces 4 impacts (épuisement des ressources abiotiques, tensions sur l’eau douce, tensions sur l’énergie, et émissions de GES) constitue ce qu’on appelle l’empreinte numérique du cycle de vie.
Comment réduire la pollution numérique ?
1. Lutter contre l’obsolescence programmée et contre l’utilisation de plus de terminaux
Comme nous pouvons l’analyser, 60 à 80% de la pollution numérique se situe lors de la fabrication des terminaux. C’est donc à ce niveau que notre levier est le plus impactant pour agir sur la pollution numérique.
Réduire son nombre d’équipements et allonger la durée d’utilisation de ces équipements, ce qui va toujours actuellement dans le sens opposé du courant qui est d’utiliser toujours plus de terminaux et pour une durée toujours plus limitée.
En 30 ans, nous avons divisé par 3 la durée de vie de nos équipements , passant en 1985, d’une durée de vie de 10,7 ans avec des facilités d’upgrader, réparer, reconditionner, recycler les équipements à des durées de vie de 3 à 10 ans avec des difficultés, voir impossibilité à upgrader, réparer, reconditionner et recycler (source : greenit.fr).
2. Eco-concevoir les logiciels
Autre raison pour laquelle nous changeons nos terminaux : les logiciels rament !
Les éditeurs de logiciels / sites peuvent écoconcevoir leurs parcours utilisateurs pour éviter de générer des lenteurs et donc un besoin de revoir son parc numérique. De même en dégraissant les obésiciels – logiciels obèses – existants.
L’autre impact de ce dégraissage est aussi de limiter le nombre d’aller-retour au serveur. Un acte métier écoconçu sera très ergonomique, sans gras pour permettre une navigation fluide et intuitive !
S’il n’est pas possible de faire ces modifications en interne dans votre entreprise, certains acteurs proposent des formations à l’écoconception des services numériques.
3. Refactoring de code
Aujourd’hui, les métiers ont des besoins à satisfaire toujours plus rapidement ! Néanmoins faire du code en quick & dirty ne laisse pas de temps au refactoring. Cette étape est cruciale pour réussir la maintenance du code source et l’optimiser (redondance, duplication).
Ces efforts de réusinage réduisent l’impact énergivore des programmes.
En résumé
Les projections futures des experts sont plutôt pessimistes concernant l’évolution de notre empreinte numérique, comme je le disais en intro, elle est aujourd’hui de 3 – 4% et avoisinera demain les 6%, c’est-à-dire quasiment le double…
À nous d’agir en évitant de succomber aux nouvelles tendances numériques (Utilisation à outrance de l’IA, 5G, reconnaissance faciale des yeux, et bien plus…), identifions les nouvelles techniques marketing sous couvert de vert des géants. Ne soyons pas dupes !
Sources chiffrées de cet article : www.greenit.fr








