La notion de Green IT se diffuse dans les médias, les blogs et toute la sphère du numérique. Avec une question qu’on se pose, de quoi s’agit-il ? Est-on dans un nouveau concept de Greenwashing ou une vraie démarche à prendre en considération ?
Le point de départ du Green IT est un constat sur la croissance exponentielle du numérique et de son impact environnemental. Entre 2010 et 2020, l’empreinte environnementale du numérique a été multipliée par deux (passant de 2% à 4% de l’empreinte mondiale).
En 2025, elle atteint 7% de l’empreinte mondiale selon l’ADEME.
Green IT et Greenwashing : définitions de ces deux notions clés
Avant toute chose, définissons ensemble le Green IT et le Greenwashing.
Le Green IT, ou numérique responsable, désigne l’ensemble des pratiques visant à réduire l’empreinte environnementale du numérique tout au long de son cycle de vie : fabrication des équipements, consommation énergétique, écoconception des services, optimisation des infrastructures, allongement de la durée de vie des terminaux, traitement de fin de vie…
Il repose sur deux piliers complémentaires : le Green for IT, qui vise à rendre le numérique plus sobre et plus efficient, et l’IT for Green, qui met le numérique au service de la transition environnementale (optimisation énergétique, pilotage de ressources, réduction des déplacements, etc.).
À l’inverse, le greenwashing correspond aux pratiques de communication qui exagèrent, simplifient ou embellissent l’impact positif d’une entreprise ou d’une technologie.
Dans le domaine du numérique, cela se traduit par des promesses environnementales non démontrées : cloud prétendument “neutre en carbone”, IA “écologique”, datacenters présentés comme “verts” sans preuve, ou encore promesses de réduction d’empreinte sans méthodologie fiable.
Comprendre ces deux notions est essentiel : le Green IT repose sur des actions mesurables et vérifiables, tandis que le greenwashing crée de la confusion et freine la crédibilité des démarches réellement responsables.
Comment calcule-t-on l’empreinte du numérique ?
Les deux sources d’impact du numérique sont la fabrication et l’utilisation des appareils. Pour calculer l’empreinte il faut prendre en compte :
- L’énergie nécessaire à la fabrication des matériels et de l’électricité qu’ils consomment.
- Les émissions de GES induisent un réchauffement global qui dérègle les climats locaux
- Les consommations d’eau douce
- La contribution à l’épuisement des ressources naturelles non renouvelables.
Le Green IT regroupe, comme vu précedemment, deux approches :
- Le “Green for IT”, c’est-à-dire un système d’information écoresponsable.
L’objectif du “Green for IT” est de réduire l’empreinte environnementale, économique et sociale du système d’information.
- L’ “IT For Green”, c’est-à-dire l’utilisation de logiciel au service du Développement Durable.
Autrement dit, il s’agit soit de mettre en place un système d’information responsable, soit d’utiliser des logiciels au profit du développement durable, et idéalement de faire les deux en même temps.

Concrètement, existe-t-il une méthode pour faire du Green IT ?
Il existe deux principales méthodes selon l’objectif du projet.
1. L’ACV : l’Analyse du Cycle de Vie
L’analyse de cycle de vie (ou acv) consiste à évaluer les impacts environnementaux d’un produit en prenant en compte l’ensemble du cycle de vie du produit de la création à la fin de vie.
Les flux de matières et d’énergies entrant et sortant à chaque étape du cycle de vie sont inventoriés.
2. L’Eco-Conception
L’objectif est de mettre en place une démarche d’efficience et de frugalité pour la puissance informatique (RAM, CPU, Bande passante, nombre de serveurs…) nécessaire au bon fonctionnement du service.
Les leviers de l’écoconception se situent principalement sur les phases de conception fonctionnelle et technique d’un software.
On n’éco-conçoit pas un logiciel.
On éco-conçoit un acte métier.
De nombreux outils existent pour réaliser une démarche d’écoconception. Pour lancer une telle démarche il est recommandé de réaliser un audit 360° d’écoconception
Au final, Green IT = Greenwashing ?
La réponse à cette question se trouve bien entendu sur la façon de faire du Green IT. Les enjeux sont réels. Des méthodes et outils existent et apportent des solutions réelles pour réduire drastiquement l’empreinte environnementale d’un système d’information.
Mettre en place un numérique réellement responsable passe par une gouvernance claire, une montée en compétence des équipes, l’écoconception des services numériques, la maîtrise du cycle de vie des équipements et la mesure de l’impact via des outils fiables comme le bilan carbone ou l’ACV. Cela suppose aussi d’intégrer les deux dimensions complémentaires : Green for IT, pour réduire l’impact du numérique, et IT for Green, pour utiliser intelligemment la technologie au service de la transition écologique.
En revanche, pour éviter de tomber dans le Greenwashing il est nécessaire de comprendre que le Green IT ne peut exister sans un renoncement métier. Comme le dit Frédéric Bordage du collectif greenit.fr, on cherche à “réduire le gras numérique, pas à faire du gras bio”.
Ce “gras numérique” est avant tout un gras métier, fonctionnel.









